La Rize

 La Rize


 

Exposé par Henri Charlin

Le 3 décembre 2006

 

 

Au nord du canal de Jonage, Décines est longée d’est en ouest par une petite rivière la Rize, dont le cours se prolonge jusqu’à Lyon.

 

C’est après le retrait du glacier alpin, après la période Wurmienne que des filets d’eau de résurgence ont pu filtrer à travers ses graviers. C’est ainsi que la Rize a trouvé sa source à Jonage, suivant les déplacements du lit du Rhône vers le Nord.

 

Il y a 15 à 18 mètres, ou même parfois 20 mètres de dénivellation entre le plateau de Cusset, de Décines et le site de Lyon Guillotière. C’est la côtière de l’avenue Rockefeller à Grange-Blanche, par exemple.

 

Autrefois, la Rize était précieuse pour ses riverains, sinon pour puiser de l’eau à boire, surtout pour tenir au frais nourriture et boissons, de laver les légumes mais aussi de laver son linge, desservant des lavoirs publics, actionnant des roues productrices d’énergie, entraînant forge et martinets, permettant d’arroser quelques jardins…

 

Avant la construction du canal de Jonage, la Rize sortait des moraines de Jonage, coulant vers Décines, arrosé par les ruisseaux de Platacul, du Plan et du Gua, avant d’atteindre Cusset à hauteur de son église : moulin de CHESSIN… La Rize oblique ensuite à l’Ouest vers la Caserne de la Part-Dieu où subsiste encore la rue de la Rize.

 

Elle se divisait autrefois en deux bras :

 

  • l’un dirigé le long de la rue Moncey, se jetant dans le Rhône au niveau de l’Hôtel de la Mutualité ; Aimable Audin, le célèbre historien de Lyon, pensait que ce bras avait été le seul à l’époque romaine,

 

  • l’autre bras, à la hauteur de la place Garibaldi tourne à angle droit, coupant le cours Gambetta à la place de l’Abondance (actuelle Aristide Briant) et par la rue Creuzet se jette dans le Rhône à Béchevelin.  

 

Plus tard, une dérivation artificielle de la Rize était orientée vers le fort de la Vitriolerie vers le Sud. Ce tracé a subsisté, lors de la mise en égout…

 

Un pont à trois arches enjambait jadis la Rize dans l’axe de la rue de la Guillotière, vers l’église Saint Louis. Aimable Audin a retenu cette découverte, montrant que notre rivière n’était pas un simple filet d’eau.

 

Le bras nord a complètement disparu, seul a subsisté le bras sud.

 

Au milieu du XIXème siècle se sont implantés à Villeurbanne des teintureries, des pelleteries et de lavoirs, car les industriels teinturiers avaient constaté les qualités des eaux de la Rize pour la teinture, eaux jugées bien meilleures pour cette activité que les eaux du Rhône ou de la Saône. C’est la raison de l’implantation industrielle à Villeurbanne au XIXème siècle.

 

En 1858, la ville de Lyon a fait curer le lit de la Rize et celui du ruisseau Tête d’Or. L’envasement inévitable a décidé la couverture de la rivière et sa transformation en égout.  

 

Dernière mise à jour le 22 décembre 2016