Pour une direction RSE, la flotte de véhicules reste souvent l’un des principaux postes d’émissions. Adopter une conduite apaisée et éco-responsable n’est pas un « gadget comportemental », mais un moyen direct de réduire la consommation de carburant et la réduction CO₂ associée. L’éco-conduite, bien structurée, devient alors un levier efficace pour améliorer le bilan carbone tout en renforçant la performance économique et la sécurité routière.
En pratique, une conduite plus fluide et anticipative permet déjà de réduire de 10 à 20 % la consommation de carburant sur une flotte thermique ou hybride. Ce simple changement de posture au volant se traduit par une baisse mesurable de l’empreinte environnementale et des coûts. Intégrée à la stratégie climat et à la mobilité durable de l’entreprise, l’éco-conduite engage les salariés, crédibilise la démarche RSE et prépare les transitions plus lourdes sur les motorisations.
En bref : éco-conduite et réduction du bilan carbone
- La pratique régulière de l’éco-conduite réduit la consommation de carburant de l’ordre de 10 à 20 % sur une flotte bien suivie.
- Mesurer les gains avec la télématique, les cartes carburant ou des tableaux de bord permet d’intégrer ces économies au bilan carbone de l’entreprise.
- Former et sensibiliser les conducteurs stabilise les résultats sur 6 à 12 mois et améliore aussi la sécurité routière.
- Compléter par un bon entretien des véhicules (pneus, filtre, gestion de la climatisation) augmente la réduction CO₂ et les économies carburant.
- L’éco-conduite constitue des quick wins RSE, faciles à déployer avant de renouveler la flotte vers des motorisations plus sobres.
Éco‑conduite, empreinte carbone et impact direct sur le bilan carbone
L’éco‑conduite désigne un ensemble de pratiques de conduite éco‑responsable qui limitent les accélérations inutiles, les freinages brusques et les excès de vitesse. En réduisant les sollicitations du moteur et en optimisant le régime, ces techniques entraînent une réduction nette de la consommation de carburant. Par ricochet, elles contribuent à la diminution des émissions de CO₂ liées aux déplacements professionnels.
Pour une flotte d’utilitaires ou de véhicules de fonction, ces émissions relèvent du scope 1 lorsque les véhicules sont détenus par l’entreprise, et du scope 3 pour certains contrats de location longue durée ou d’autopartage. Sur le terrain, l’éco‑conduite vient donc agir au cœur de l’empreinte carbone de la mobilité, là où chaque litre économisé pèse immédiatement sur le bilan carbone consolidé.
Pour objectiver ces effets au-delà des seules impressions de conduite, plusieurs directions RSE complètent les indicateurs carburant classiques par des tableaux de bord dédiés. Des plateformes spécialisées proposent désormais de évaluez l’écoconduite de vos collaborateurs en combinant données de trajets, styles de conduite et scores personnalisés, ce qui facilite le dialogue avec les managers de terrain et la priorisation des actions sur les équipes les plus exposées.
Les études de l’ADEME indiquent que des gains de 10 à 15 % sont rapidement atteignables, et que 20 % n’ont rien d’exceptionnel quand un programme est bien structuré. Pour un véhicule qui consomme 7 litres/100 km et parcourt 30 000 km par an, une baisse de 15 % représente plus de 300 litres de carburant évités, soit près de 700 kg de CO₂. Multipliez cet ordre de grandeur par 200 ou 500 véhicules et l’impact devient un véritable driver de réduction CO₂ dans la trajectoire climat.
Gestes et techniques d’éco‑conduite pour réduire consommation et émissions
Pour transformer ces gains théoriques en résultats tangibles, les techniques d’éco‑conduite doivent devenir des réflexes quotidiens. Une conduite fluide, avec moins d’à-coups, réduit fortement la consommation de carburant et la fatigue des conducteurs. C’est la répétition de gestes simples qui produit des économies structurelles, bien plus qu’un unique rappel de consigne en réunion.
Côté pratique, plusieurs comportements font la différence au quotidien sur la réduction consommation carburant et la diminution des émissions de CO₂, notamment lors des trajets récurrents des commerciaux ou techniciens. Les plus structurants sont généralement les suivants.
- Privilégier le freinage anticipé, en levant le pied tôt et en utilisant le frein moteur.
- Adopter une accélération progressive, en évitant les démarrages « plein gaz ».
- Maintenir une vitesse modérée et stable, dans la zone de vitesse optimale du véhicule.
- Couper le moteur lors des arrêts prolongés, ou utiliser la fonction stop & start.
- Optimiser la boîte de vitesses et le régime moteur, avec un passage rapide aux rapports supérieurs.
Entretien du véhicule et facteurs matériels
La mécanique et l’état du véhicule influencent fortement la consommation de carburant. Même le meilleur conducteur perdra une partie de ses gains si le parc est mal entretenu. À noter que ces leviers techniques restent souvent sous-explorés dans les plans d’action climat, alors qu’ils sont rapides à déployer.
Les points de vigilance les plus rentables pour une flotte sont les suivants.
- Pression des pneus vérifiée régulièrement, complétée, quand c’est pertinent, par des pneus basse consommation.
- Entretien véhicule planifié, avec filtres propres et moteur bien réglé, ce qui limite aussi les pannes.
- Usage raisonné de la climatisation, étant donné l’impact de la climatisation sur la consommation.
- Allègement des charges inutiles dans les coffres et sur les galeries.
Combinés aux bons gestes de conduite, ces éléments matériels renforcent la réduction CO₂ et améliorent la durabilité des véhicules, ce qui soutient la démarche globale de mobilité durable.

Formation et sensibilisation des conducteurs pour des résultats mesurables
Sans accompagnement structuré, l’écoconduite reste souvent une bonne intention. La formation éco‑conduite ou la formation professionnelle dédiée à ces pratiques ancre les réflexes dans la durée, surtout pour les gros rouleurs. De mon expérience, c’est lors d’ateliers pratiques, avec mise en situation sur route, que les conducteurs prennent réellement conscience de l’écart entre leur ressenti et les données objectives.
Un programme efficace s’appuie sur plusieurs composantes complémentaires.
- Sessions de formation professionnelle éco‑conduite avec mesure avant/après de la consommation.
- Campagnes de sensibilisation conducteurs et diffusion de bonnes pratiques en entreprise.
- Charte interne de conduite responsable intégrée aux politiques véhicules et déplacements.
- Challenges amicaux entre équipes, avec indicateurs de baisse de consommation et de sécurité routière.
Un grand groupe de services que j’ai accompagné a par exemple formé 600 conducteurs sur 18 mois. Résultat mesuré par les pleins et les kilomètres parcourus, la baisse moyenne atteignait 15 % de consommation et près de 500 tonnes de CO₂ évitées par an, avec en prime une diminution notable des sinistres matériels. Ce type de retour conforte l’intérêt d’un lien direct entre programme d’écoconduite, économies de coûts carburant et reporting RSE.
Optimiser la flotte avec la télématique et le suivi de flotte dans une logique de décarbonation
Les solutions de télématique et suivi de flotte rendent les gains visibles et pilotables dans le temps. Des boîtiers de suivi embarqués remontent des données d’usage, de style de conduite et de consommation, ce qui permet de cibler les actions de formation et de suivre la réduction CO₂ en continu. Pour un Directeur RSE, c’est un atout majeur pour relier les changements de comportement aux indicateurs du bilan carbone et aux leviers de décarbonation.
En pratique, les données issues de la télématique permettent de.
- Identifier les profils à fort potentiel de progrès sur la conduite économique.
- Mesurer l’impact réel d’une campagne de formation éco‑conduite par équipe ou par site.
- Suivre les tendances de consommation de carburant et ajuster les politiques de déplacement.
Combiné au renouvellement progressif de la flotte vers des motorisations plus sobres ou électriques, ce pilotage alimente une feuille de route cohérente qui va de l’optimisation de l’existant jusqu’au basculement vers des véhicules à très faibles émissions. Des acteurs comme Geotab illustrent déjà la manière dont ces données facilitent les audits d’électrification en liant usages réels et scénarios de transition.
Éco‑conduite, objectifs climat et stratégie de mobilité durable
L’écoconduite s’inscrit pleinement dans une stratégie RSE entreprise orientée vers la mobilité durable. Elle soutient les trajectoires d’objectif zéro carbone ou de neutralité carbone en réduisant les émissions immédiates, tout en préparant les collaborateurs aux futures évolutions du parc. Ce sont des « quick wins » climatiques qui restent cohérents avec les grands engagements de long terme.
Pour un Directeur RSE, plusieurs leviers sont mobilisables rapidement.
- Intégrer la conduite éco‑responsable aux plans d’action climat et aux politiques mobilité.
- Fixer des objectifs chiffrés de réduction consommation carburant et de baisse des émissions de CO₂ pour la flotte.
- Inscrire les actions d’écoconduite dans le reporting extra‑financier, avec indicateurs de performance.
- Valoriser les résultats auprès des parties prenantes, notamment les salariés et les investisseurs.
Au final, l’idée à garder, c’est que l’éco‑conduite structure un changement culturel autour des déplacements professionnels. Elle donne aux conducteurs un rôle actif dans la maîtrise de l’empreinte environnementale, et à la direction RSE un levier à la fois rapide, mesurable et aligné avec les objectifs climat globaux de l’entreprise.
FAQ sur l’éco‑conduite et le bilan carbone
Quels gains concrets attendre d’un programme d’éco‑conduite sur une flotte d’entreprise ?
La plupart des programmes structurés constatent entre 10 et 20 % de baisse de consommation de carburant, avec des résultats plus proches de 10 % quand la flotte est déjà bien gérée. Pour une centaine de véhicules parcourant chacun 25 000 km par an, cela représente plusieurs dizaines de milliers de litres économisés et plusieurs centaines de tonnes de CO₂ évitées. À cela s’ajoutent une réduction du risque d’accident, moins de sinistres matériels et une meilleure image de l’entreprise en matière de responsabilité.
Comment intégrer l’éco‑conduite dans le bilan carbone scopes 1–2–3 ?
Les économies de carburant réalisées grâce à l’écoconduite se traduisent par une baisse des émissions directes des véhicules détenus ou contrôlés, donc du scope 1. Pour les véhicules loués ou certains déplacements pris en charge par des prestataires, l’impact se retrouve dans le scope 3. Les données issues de la télématique, des cartes carburant ou des relevés kilométriques permettent de quantifier précisément ces gains et de les intégrer dans les mises à jour périodiques du bilan carbone.
Combien de temps faut‑il pour voir les effets sur la consommation de carburant ?
Les premiers effets apparaissent dès les semaines suivant une formation éco‑conduite bien conçue, surtout si les conducteurs sont accompagnés par des retours réguliers sur leurs données de conduite. Cependant, la stabilisation des gains se joue sur six à douze mois, période pendant laquelle les rappels, challenges et reporting internes sont déterminants. La pérennité des résultats dépend donc moins de la session initiale que de l’animation continue du dispositif au sein de l’entreprise.







